Volontaire de Réciprocité, Sneha est indienne

Sneha

Bonjour Sneha, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Sneha Mahapatra, je viens d’Inde et j’ai 23 ans. Je parle anglais, hindi, bengali, odia et italien. J’ai terminé mes études secondaires à l’United World College of the Adriatic, à Duino en Italie et j’ai obtenu un Bachelor (Licence, NdT) en relations internationales et sciences politiques aux États-Unis.

J’ai déjà travaillé avec des ONG en Inde, sur des questions liées au genre, aux moyens de subsistance et à l’agriculture durable et j’ai aidé le projet “UN Women” sur des questions liées aux droits de la procréation et de la sexualité. J’ai aussi travaillé avec le “1947 Partition Archive” à Berkeley en Californie, où j’ai agis comme archiviste de l’histoire orale, examinant les déplacements et la vie des communautés hindoues et musulmanes suite à la séparation entre l’Inde et le Pakistan. Mon travail comprenait des études sur les traumatismes engendrés par cette séparation ainsi que des aides aux historiens lors de leurs entretiens avec des personnes ayant vécues cette séparation.

Après ce stage, la même année, j’ai aussi participé à un programme d’été de consolidation de la paix : le “Summer Peacebuilding Program” au Middlebury Institute of Social Sciences à Monterey en Californie. Ce programme m’a fait découvrir la politique des armes à feu, la guérison des traumatismes, les voix post-féministes sur la gestion des ressources environnementales et il m’a permis de faire du terrain en rencontrant des prisonniers de deux prisons de Salina : une des visite m’a fait voir la dure réalité de la vie en prison, et l’autre visite m’a montré comment les prisonniers essayaient de faire face aux conditions de vie et aux problèmes de réhabilitation.

J’ai ensuite effectué un semestre en mer, voyageant dans 12 pays pour suivre des cours et travailler avec des ONG en Birmanie et en Chine sur la mobilisation des jeunes et les droits des femmes.

Pourquoi voulais-tu faire du volontariat en France ?

Depuis mon jeune âge, j’ai été intéressée par la découverte des autres cultures. Grandir en étant trilingue, être exposée à deux différentes cultures et religions (ma mère est catholique et mon père est hindou) et essayer d’intégrer ces deux façons de vivre pour trouver ma voie et forger mon identité m’a permis de m’ouvrir vers l’extérieur. De plus, ayant voyagé depuis toute petite avec mon père dans le cadre de son travail, dans des régions reculées de l’Odisha, j’ai toujours eu le goût de travailler avec des communautés défavorisées pour faire une différence, m’engager dans du volontariat et apprendre comment différents pays du monde occidental abordent les problèmes de malnutrition, d’éducation, de violences faites aux femmes, etc.

Partir de la maison à 16 ans, pour finir le lycée en Italie et apprendre l’italien, fut un privilège pour moi, mais je devais aussi comprendre comment tirer le meilleur parti de ce cadeau qui m’était fait.

Après avoir fini le lycée, j’ai eu une bourse pour faire mon Bachelor aux Etats-Unis, et j’ai pu voyager à travers 12 pays dans le cadre de mon diplôme.

Après avoir obtenu mon Bachelor, j’ai décidé de prendre une année sabbatique avant de faire un Master afin de développer des compétences professionnelles à appliquer dans ma future carrière. J’ai alors trouvé l’ONG International Impact et dans ce cadre, le programme de service civique de réciprocité qui a deux avantages pour moi : tout d’abord il me permet d’apprendre une nouvelle langue et de m’impliquer dans une nouvelle culture mais il me permet aussi de travailler avec une ONG qui vient en aide à des problèmes de santé et de faim (par exemple, le projet Super Poulet), d’éducation (avec l’association Pour un Sourire d’Enfants) et soutient divers projets humanitaires (par exemple : World Children Tour).

Peux-tu nous expliquer ce qu’est le “service civique de réciprocité” ?

Le “service civique de réciprocité” est une opportunité pour les jeunes étudiants volontaires qui viennent en France depuis le monde entier pour travailler sur la communication, le développement et le fonctionnement d’une ONG d’accueil. Étant la première volontaire de ce type dans l’ONG où je suis, j’espère pouvoir avoir un impact positif et pérenne sur celle-ci, ce qui ouvrira la voie à d’autres volontaires pour découvrir non seulement le travail, mais aussi le fait de vivre dans une culture différente, de dialoguer avec une famille, d’apprendre la culture, les modes de vie, de partager les repas, tout en ayant la mission du service civique à réaliser. Ce service civique doit avoir un impact et faire une différence non seulement pour les volontaires français à l’étranger, mais également pour les volontaires qui viennent en France et créent des liens entre et parmi différentes ONG et organisations du monde.

Qui sont ces personnes sur la photo ?Sneha in her French Family

C’est ma merveilleuse famille d’accueil. Hugues est informaticien à Paris, et Aure-Elise était aussi une bénévole avec l’ONG International Impact. Ils ont 3 enfants, Matthieu (3 ans), Thomas (4 ans) et Elisabeth (6 ans). Nous passons du temps à essayer de lire des articles de “Courrier International” en français, la semaine dernière nous avons lu un article à propos des “gilets jaunes” et cette semaine nous tentons de lire un article sur le Brexit. Nous partageons des repas ensemble, allons courir et nous promener près de l’église et le long de la Seine. Ce week-end, je prévois de préparer un repas indien à partager tous ensemble et que nous essaierons de manger avec nos mains.

Pendant ta mission, tu vas participer à la “Nuit de la solidarité” à Paris. Peux-tu nous expliquer ce que c’est ? Quelle peut être ta plus-value ?

Venant d’Inde, depuis mon jeune âge j’ai été exposée à différentes formes de pauvretés urbaines et rurales. Les deux villes dans lesquelles j’ai grandi ont plus de 80 000 personnes sans domicile qui sont victimes de diverses formes de violation des droits de l’Homme. Que ce soit du trafic sexuel, des abus sur mineurs, de la mendicité, de la prostitution, ils ne sont pas protégés par le gouvernement et doivent se débrouiller seuls avec peu ou pas de protections. Il y a des ONG qui essaient d’améliorer leurs conditions mais il y a encore énormément de travail à faire.

La “Nuit de la Solidarité” est une nuit spéciale qui a lieu chaque hiver à Paris. Le conseil municipal organise le recensement de toutes les personnes vivant dans la rue. Cela est fait par de nombreux volontaires. L’objectif est de savoir si le nombre de sans abris change (3035 personnes en 2018). C’est aussi l’occasion de développer une prise de conscience et diverses actions. Ainsi, explorer, interagir et voir la situation à Paris en ce qui concerne les sans-abri, de voir l’effort déployé par l’État pour résoudre le problème et avoir la possibilité d’interagir avec les sans-abri dans l’une des langues que je parle (bengali), devrait être vraiment intéressant pour moi.