8 mars : journée internationale des femmes

En cette journée internationale particulière qu’est celle des femmes, et le pluriel a son importance, il nous semblait important de signifier notre volonté d’engagement et notre implication envers le respect des droits des femmes. Mais aussi envers l’égalité homme femme, notamment au sein ONG.

Il reste tant à faire … 

 

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Dans de multiples secteurs tels que l’éducation, la santé, le travail, la famille, les femmes sont encore victimes d’inégalités face aux hommes. Quelques chiffres peuvent en témoigner.

 

D’après l’UNICEF :

  • Plus de 110 millions d’enfants dans le monde, dont deux tiers de filles, ne sont pas scolarisés.

 

  • Sur les 875 millions d’adultes analphabètes dans le monde, deux tiers sont des femmes.

 

  • La moitié des filles qui vivent dans des pays en développement (à l’exception de la Chine) seront mariées avant d’avoir vingt ans.

 

  • Au moins une femme sur trois a subi une forme ou une autre de violence sexiste, le plus souvent infligée par un membre de sa famille. [Rapport mondial Johns Hopkins de 1999]

 

  • Les filles de 13 à 18 ans sont les plus représentées dans l’industrie du sexe. Près de 500 000 filles de moins de 18 ans sont victimes de la traite chaque année.

 

  • Les mutilations sexuelles féminines concernent 130 millions de filles et de femmes dans le monde et mettent chaque année 2 millions d’entre elles en danger. La prévalence de ces pratiques est restée forte (plus de 90 % ) dans de nombreux pays au cours des dix dernières années, sans que beaucoup de progrès soient réalisés.
  • 1 400 femmes meurent chaque jour de causes liées à la grossesse, dont 99 % dans les pays en développement. Le manque de prévention, d’accès aux soins, d’accompagnement, les croyances et cultures en sont certaines des causes.

 

D’après les chiffres d’UN WOMEN :

 

 

  • Les femmes d’Afrique sub-saharienne consacrent collectivement quelque 40 milliards d’heures par an à collecter de l’eau. Chaque semaine, les femmes de Guinée passent 5,7 heures à collecter de l’eau, contre 2,3 heures pour les hommes ; au Sierra Leone, les femmes passent 7,3 heures à cette tâche, contre 4,5 heures pour les hommes ; et au Malawi, ce chiffre s’élève à 9,1 heures contre 1,1 heure pour les hommes. Ce temps passé à la collecte de l’eau réduit leur opportunité d’obtenir un travail.

 

  • Au Pakistan, chaque demi-kilomètre de plus séparant le foyer de l’école diminue l’inscription des filles de 20%. En Egypte, en Indonésie et dans plusieurs pays africains, la construction d’écoles locales au sein des communautés rurales a permis d’augmenter l’inscription des filles.
  • Dans les processus de paix intervenus entre 1992 et 2011, les femmes ne représentaient que :
    • 2 % des médiateurs en chef
    • 4 % des témoins et des signataires
    • 9 % des négociateurs.
  • Les femmes sont également moins en clin à accéder à des postes à hautes responsabilités et ce quelle que soit la région du monde concernée.

Tous ces chiffres, et bien d’autres encore, sont là pour nous rappeler que les filles et femmes, simplement parce qu’elles sont considérées comme telles, sont victimes d’injustices encore aujourd’hui.

Et pourtant …

Des données recueillies dans 25 pays développés et en développement indiquent que les pays bénéficiant d’une représentation parlementaire féminine plus importante sont plus enclins à instaurer un système de protection de certaines zones.

  

Chaque année supplémentaire passée sur les bancs de l’école primaire permet aux filles d’augmenter leurs salaires futurs de 10 à 20%. L’éducation les encourage également à se marier plus tard et avoir moins d’enfants, et les rend moins vulnérables à la violence.

 

Nous croyons aux progrès et voulons en être les acteurs 

International Impact est marqué par la volonté d’agir sur plusieurs pans : santé, éducation, culture … La mise en avant des femmes, leur accès à un niveau et une qualité de vie décente, l’accroissement de leur opportunité de carrière sont pour nous plus qu’important pour que les femmes ne soient plus reléguées au statut de victime ni traitées inégalitairement en raison de leur genre.

Nous croyons aux progrès et cette journée est l’occasion pour nous de mettre en lumière les femmes ( et hommes ) qui font avancer, pour certaines à nos côtés, le secteur associatif et s’engagent aux quotidien dans des projets en lesquels nous croyons.

 

Paola PINZA, équatorienne, directrice de la fundación Ecuasol depuis 2015 est un des exemples que nous souhaitons mettre en avant. Elle dirige avec diplomatie, ferveur et bienveillance cette fondation de près de 17 ans d’existence. Elle s’investit au quotidien pour l’éducation, la nutrition, le bien-être des enfants des quartiers Nord de Quito et ce avec un engouement constant.

 

 

Runa Khan, bangladaise, fondatrice et directrice de Friendship en est un autre. Marquée par une volonté de pluridimensionnalité afin d’assurer un développement pérenne cette ONG agit notamment sur la santé ou encore l’éducation au Bangladesh. Son ONG a développé, entre autres, un système de cliniques itinérantes par bateau voguant de char en char ( îles éphémères vulnérables aux inondations ) et soignant gratuitement 30 à 40 000 personnes tous les ans. Assurément engagée, emphatique et innovante, Runa Khan est un modèle de réussite qui ne doit pas être occulté.

 

copyright madame figaro

Pierre Foldès, français, urologue et chirurgien, a développé une technique chirurgicale pour réparer les dommages causés par l’excision. C’est après une mission au Burkina Faso aux côtés de Médecins Sans Frontières qu’il développe sa technique. Marqué par la volonté de rendre sa méthode accessible au plus grand nombre il consulte gratuitement et réussi à obtenir en 2004 la prise en charge par l’assurance maladie de ce type d’intervention dans le cadre de mutilations sexuelles.

 

 

Amélie Reichmuth et Ambre Limousi, françaises, ont fondé il y a quelques mois et ce en un temps record une association du nom de Change Mak’Hers. C’est une association dans laquelle les hommes et femmes de tout âges sont les bienvenus. Cette dernière qui se veut une structure d’échange, de soutien, d’entraide pour aider les femmes à développer leur carrière et leur réseau n’a encore que peu d’existence mais semble pleines d’idées. Elle propose notamment des afterworks durant lesquels une femme inspirante vient évoquer sont parcours ou encore divers ateliers pour les aider par exemple à augmenter leur confiance en elle.

 

À l’échelle d’international Impact, la parité, l’égalité et la collaboration entre les deux sexes est aussi au cœur de nos préoccupations. À l’image du secteur du volontariat et de l’engagement, notre conseil d’administration est composé pour les deux tiers de femmes, des femmes âgées de 18 à 80 ans. Nous voulons laisser la parole, le pouvoir de s’exprimer et de faire ses preuves à toutes, il était ainsi important pour nous qu’une de nos volontaires au sein de l’ONG, Sneha, nous parle de sa vision de la Journée internationale des femmes. Vous pouvez retrouver son témoignage ici.

 

Tous ces exemples sont là pour nous rappeler que l’égalité homme / femme et le respect des droits de ces dernières sont l’affaire de toutes, de tous. Mais aussi que les femmes sont capables, motivées, engagées, pugnaces au même titres que les hommes.

 

Pour autant, l’égalité homme / femme et le respect des droits des femmes ne doivent pas être l’affaire d’une journée. N’oublions pas qu’ils ( et les femmes ! ) doivent être promus et défendus au quotidien. Si une journée est consacrée aux femmes aujourd’hui, c’est justement puisque la mobilisation est encore nécessaire, une mobilisation collective.

 

 

 

Emilie Beugnot

 

 

Sources :

unicef.org, La situation des femmes et des filles : faits et chiffres.

unwomen.org, Paix et sécurité : quelques chiffres.

unwomen.org, CSW56 – Faits et chiffres sur les femmes rurales, d’après le rapport interinstitutions « Les femmes rurales et les objectifs du Millénaire pour le développement » réalisé par l’Equipe spéciale interinstitutions des Nations Unies sur les femmes rurales.